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Ann Toxicol Anal. 2009; 21(1): 13-19
DOI: 10.1051/ata/2009033
Le dépistage immunochimique des médicaments substitutifs de l'héroïne et autres opioïdes
Jean-Claude AlvarezLaboratoire de Pharmacologie – Toxicologie, Centre Hospitalier Universitaire Raymond Poincaré, AP-HP, et Université Versailles Saint Quentin, 104 Boulevard Raymond Poincaré, 92380 Garches, France
Reçu le 1
Abstract - Immunochemical detection of drugs used for the management of heroin dependence and other opioids
In France in 2007, between 12 000 and 15 000 patients were treated by
methadone and more than 80 000 by buprenorphine. A rapid detection of these
two compounds has to be available for the monitoring of these patients, or
in forensic cases since these compounds are found in more than 8% of the
deceases. Many studies were published on the different marketed tests. All
these tests were validated in urine, but many of them, notably ELISA tests,
were also validated in whole blood, serum, plasma, oral fluid or hair. The
used cut-offs were in the range 5–300 ng/mL for methadone and 0.5–5 ng/mL
for buprenorphine depending on the tests and the matrix. In hair, the
proposed cut-offs were 200 pg/mg for methadone and 10 pg/mg for
buprenorphine. The cross-reactivity of EDDP, the main metabolite of
methadone, is very low, but some tests used a specific antibody for this
metabolite. The cross-reactivity of norbuprenorphine, the main metabolite of
buprenorphine, is in the range 1–100%. False-positives for methadone were
attributable to metabolites of verapamil, some neuroleptics, diphenydramine
and doxylamine and to tramadol and dihydrocodeine for buprenorphine tests.
More recently, immunotests have been developped for the screening of opioid
drugs that are not detected by usual opiate immunoassay, like
dextropropoxyphene, oxycodone and fentanyl. These tests may be very
interesting in some cases.
Résumé
Selon l'Observatoire Français des Drogues et Toxicomanie, en 2007, de
12 000 à 15 000 patients étaient traités par méthadone et plus
de 80 000 par buprénorphine. Pouvoir effectuer un dépistage rapide de
ces deux molécules par immunoanalyse est donc important, aussi bien pour
vérifier la compliance, obligatoire pour les patients traités par
méthadone, que dans un cadre médico-légal où ces
molécules sont retrouvées dans plus de 8 % des recherches de
causes de décès. De nombreuses études ont été
publiées à ce jour sur les différents tests commercialisés.
Ceux-ci sont le plus souvent validés pour un usage dans les urines, mais
également dans le sang total, le plasma, le sérum, la salive et/ou
les cheveux en ce qui concerne les kits ELISA. Les seuils de positivité
varient de 5 à 300 ng/mL pour la méthadone et de 0,5 à 5 ng/mL
pour la buprénorphine en fonction des tests et des matrices biologiques.
Dans les cheveux, les seuils proposés sont de l'ordre de 200 pg/mg pour
la méthadone et de 10 pg/mg pour la buprénorphine. L'EDDP, principal
métabolite de la méthadone, ne croise pas avec l'anticorps
dirigé contre la méthadone, mais il existe des tests spécifiques
pour l'EDDP. Pour la buprénorphine, les taux de croisement avec la
norbuprénorphine varient de 1 à 100 %. Différentes
molécules fréquemment prescrites comme le vérapamil, certains
neuroleptiques, la diphénydramine et la doxylamine peuvent parfois
donner des résultats faussement positifs avec les tests méthadone et
le tramadol ou la dihydrocodéine avec ceux pour la buprenorphine. Plus
récemment, des tests d'immunoanalyse permettant la recherche des
nouveaux opioïdes utilisés en thérapeutique et ne croisant pas
ou partiellement avec la recherche classique des opiacés ont été
développés. C'est le cas notamment du dextropropoxyphène, de
l'oxycodone et du fentanyl. Ces tests, sur lesquels relativement peu
d'études sont encore disponibles, peuvent s'avérer intéressants
dans certains cas.
Key words: Immunoanalysis -- methadone -- buprenorphine -- substitution therapy -- opioid drugs
Mots clés : Immunoanalyse -- méthadone -- buprénorphine -- traitements de substitution -- opioïdes
Correspondence: jean-claude.alvarez@rpc.aphp.fr
© Société Française de Toxicologie Analytique 2009
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